Mathilda et Philibert

Ma grand-mère Mathilda Beaudry est née à Ste-Béatrix, un petit village au nord de Joliette, où elle y a vécu avec sa famille, bien modestement. Un jour, elle y rencontre Philibert Desmarais, natif de  Notre-Dame de Lourdes. Ce fut le début d'une merveilleuse histoire d'amour et Philibert est devenu son époux le 19 février 1919.

Mathilda et Philibert n'ont pas habité leur propre maison après leur mariage, ils demeurèrent chez les parents de Philibert. Dans ce milieu familial naquirent deux filles et un garçon. Après la troisième naissance, mes grands parents durent acheter leur maison et c’est à ce moment qu’ils sont devenus cultivateurs.

Tout en travaillant sur la ferme, Philibert a continué à travailler à la Domtar  pour nourrir sa famille, la terre ne suffisait pas à produire assez de revenus et la dette était énorme pour le temps. Mais grand-mère répétait sans cesse que la providence viendrait à eux. Trois autres garçons ont agrandi le cercle familial.

Un jour, la maladie entra par la porte de derrière, prenant par surprise ma grand-mère et deux de ses fils dont Marcel qui deviendra plus tard mon père. Cette année-là, la fièvre typhoïde décima plusieurs familles. Ma grand-mère et mon père s’en sortirent assez bien mais elle ne put sauver son plus jeune fils.

Traversant péniblement les années, un jour le propriétaire dont grand-père avait acheté la ferme voulu être payé mais mes grands-parents n'avaient pas les moyens de régler cette dette. Un voisin qui a eu vent de cette nouvelle a consentit à donner la somme d’argent à mes grands-parents pour que la dette soit rayée à jamais.

Un fait demeure très étrange même aujourd'hui, on ne sut jamais le nom de ce voisin bienfaiteur, grand-mère l’appelait l’homme de la providence.

Peu à peu, les plus vieux décidèrent de quitter le nid familial pour se marier et ne demeuraient à la maison qu'une fille et mon père qui à 16 ans décida d’aller au chantier, loin de la maison pendant 6 mois.

Grand-mère encore une fois confrontée à la maladie a été obligé d'emprunter pour faire opérer mon père qui était de retour du chantier avec un appendice en mauvais état. Quand sa fille et ses brus accouchaient, Mathilda était à leur chevet et y restait le temps qu’il fallait pour qu'elles se remettent sur pied.

Philibert et Mathilda étaient heureux et ils ont eu la chance d’être encore ensemble pour fêter leur 50ième anniversaire de mariage avec leurs enfants, parents et amis le 22 septembre 1969.

En 1971, Mathilda a été hospitalisée durant 6 mois en raison d'un bouton suspect. Elle fut hospitalisée de nouveau le 1 février 1974 et suite à des complications, elle est décédée d’un arrêt cardiaque le 23 février 1974. 

La perte soudaine de Mathilda a été un dur coup pour mon grand-père qui venait de perdre un gros morceau de sa vie. Il continua à demeurer dans sa grande maison avec Jeannette, sa fille restée célibataire et qui prenait soin de ses parents ; mais Philibert est décédé à son tour le 7 novembre 1975 d'une grippe mal soignée.

À tort ou à raison, on a répété que Philibert était mort d’ennui après le décès de Mathilda et c'est très compréhensible après avoir vécu plus de 50 ans avec la même personne et avoir tout partagé avec elle. 

Jeannette, Aline, Robert, Fernand, Marcel et Jean-Paul ont eu des parents exemplaires ; l’amour et le respect a toujours permis de surmonter les épreuves qu’ils ont traversées. Quant à moi, j’ai eu la chance de partir dans la vie au sein de cette famille unie.

Grand-mère a veillé sur mon éducation durant les premières années de ma vie pendant que ma mère et mon père travaillaient pour gagner la leur. Souvent, me reviennent en mémoire de très agréables souvenirs de mon enfance et du temps passé avec Mathilda et Philibert.

Je ferme les yeux et je vous revois tous les deux, Mathilda avec son tablier à carreaux et Philibert fumant sa pipe. 

Je vous ai aimé avec mon cœur d'enfant et je veux vous remercier pour ce que vous m'avez donné. Vous êtes et serez toujours présents dans mon cœur d'adulte.

De là-haut, je sais que vous continuez à surveiller mes pas dans la vie et je vous le redis bien fort:

"Je vous aime Mathilda et Philibert."

Tendresse MyLady

Après cette belle histoire, je veux vous faire partager ce que Mathilda faisait si bien, la cuisine. Je vous invite à consulter les recettes qu'elle conservait sur des bouts de papiers jaunis par le temps.

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